Manãna….
Dans la torpeur sud-américaine, « Manãna» est le mot qui renvoie tous les problèmes, toutes les urgences, toutes les actions et les décisions vers l’utopique éternité des lendemains…
Demain, notre bienheureux président de la France va s’exprimer, et nous dire, dans ce capharnaüm qu’est devenu le pays, comme un autre il y a un peu plus de deux-mille ans son « lève-toi et marche »… mais personne ne pourra se lever, et si tant est que d’aucuns le fassent, ce sera pour marcher vers le pôle emploi, allant grossir le flux incessant de chômeurs sacrifié sur l’autel de l’économie moribonde.
Il nous dira aussi que manãna cela ira mieux….
Ce Président n’est pas le seul à blâmer, car depuis de nombreuses années les mêmes constituent l’élite politique, dans les camps aussi divers qu’opposés en apparence.
Tous nous disent que cela « va mal », et trouvent un écho magnifique dans les cercles composés de gens importants forts en glose et explications, incantateurs à leurs heures, et toujours terriblement catégoriques.
Les médecins de Molière ont pris d’assaut et tiennent la scène politique, économique et sociale.
Tout le monde est d’accord sur le constat, beaucoup divergent sur les causes, et d’autant plus sur les solutions.
Alors que faire ?
Un constat pas amiable :
- La politique française est un fiasco total.
- L’administration française est aussi déficiente que pléthorique et coûteuse
- Les parlementaires, les sénateurs, et la plus grande part des élus nationaux et régionaux ont fait la preuve au moins de leur inefficacité sinon de leur incompétence
Combien faudra-t-il de chômeurs de plus, combien faudra-t-il d’allocataires de la redistribution sociale de plus, de déficit de plus, pour réaliser que c’est la tête qui est malade.
Symboliquement, la France de 1793 a coupé la tête de son roi. Peut-être la France de 2013, exactement deux cent vingt ans plus tard, devrait-elle envisager de se faire une nouvelle tête ?






